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LE SLAM: CETTE
NOUVELLE TENDANCE ?
Le slam est un art collectif, oratoire
et acoustique importé des Etats-Unis, Seul compte
le texte, qu'il soit lu, scandé, crié, improvisé,
récité. Tribune de libre expression, chaque
scène slam donne la parole à tous poètes,
nouvellistes, rappeurs, improvisateurs et chanteurs tous
animés d'une même passion pour l'écriture.
Il n'y a pas de musique, la voix sert comme unique repère
rythmique. Les auteurs et le public sont invités
à tour de rôle à monter sur une scène
pour dire leurs textes. Un animateur rythme la soirée
et distribue la parole, passe le flot.
Mouvement lié à l'oralité, défendu
par certains comme une discipline à part entière,
le slam est un terrain d'expression qui trouve ses origines
semble t-il aux Etats-Unis. La forme actuelle de cet art
s'est développée dans la plupart des pays
européens et est sur la voie d’atteindre
le monde. Son histoire remonterait dit-on, aux griots
d'Afrique de l'Ouest, des joutes orales du sud de la France,
des duels d'improvisation du Brésil et de Cuba
à la sortie du film Slam de Marc
Levin. L'histoire est celle de Ray Joshua,
un jeune noir qui vit dans un ghetto de Washington,
interprété par le poète-rappeur Saul
Williams. Condamné pour possession de marijuana,
il rencontre en prison une slameuse qui anime un atelier et qui l'encourage à développer
ses dons pour l'écriture et l'oralité. Avec Saul Williams, la poésie retrouve son
essence orale originelle et le Slam se
définit comme une forme de poésie déclamée
proche d'un rap à capella.
La sortie du film en France fait connaître l'existence
d'un mouvement Slam aux Etats-Unis, initié
par Marc Smith au Green Mill de Chicago. Le succès de Slam permet également au noyau du Club de mettre un
nom sur ses propres pratiques orales, tandis que Pilote
le Hot s'engouffre dans la brèche en fondant Slam Productions.
CAPLETON: LE
PROPHET IN THE HOUSE
Il fait partie de la confrérie
des bobos en jamaïque. Capleton fait du reggae et
son style est à part. Au delà de la guerre
des clans à kingston c’est un artiste de
talent. Mais très controversé.
Ils ont révolutionné le reggae
et on fait de cette musique un véritable busines.
Avec Bennie Man, Sizzla, Moses, Antonny B, Bushman….
Capleton et son école artistique dérange
et plait à la fois. Il est talentueux et sa musique
est différente du reggae classique qu’on
nous sert. Mais ses thèmes et son clan perturbent
la quiétude de la petite île. Dans sa conception
des choses, les critères du ghetto sont les plus
puissants. C’est un adapte du dance hall qui aime
les femmes et hait les homosexuels mais il est toujours
entouré de plusieurs hommes. Et ses rapports avec
eux est, à ce qu’il paraît ambiguë.
Ce qui fait sourire et jaser. Et depuis ses chansons sont
plus tournées vers les femmes comme pour prouver
quelque chose à lui même. Toutes ces perturbations et interprétations l’ont
quelque peu éloigné du camp bobo. Depuis
peu on le voit sans son fameux turban, marque distinctive
des bobos. Rumeur et affabulation dit-il. « Les
sujets sur la femme m’intéresse. Je ne laisserai
donc pas tomber. C’est juste pour le pouvoir des
rastafari que j’ai mis les chansons sur les femmes
de côté. »
Ainsi va la rumeur sur sa sexualité malgré
son immense talent et ses phrases toute faites du genre
: « Chaque homme dépend d’une femme
pour le mener sur le bon chemin ».
MANU KATCHE: UN
AMOUR DE JAZZ
Manu Katché est né
le 27 octobre 1958 à St Maur des Fossés.
Il fait ses premiers pas dans le monde artistique à
l'âge de cinq ans en pratiquant la danse classique
pendant deux ans avant de se tourner vers le piano, activité
plus proche de ses aspirations.
Par la suite, il s'inscrit au Conservatoire
de Musique de Paris d'où il sort avec un premier
prix de percussions. En parallèle à ses
études, Manu joue comme batteur avec des petits
groupes avant de trouver un engagement pour accompagner Coluche sur ces tournées.
Remarqué, il commence à se faire un nom
et joue en studio pour des artistes comme Jean-Jacques Goldman, ou Michel Jonasz. Sa carrière
prend un envol international quand Peter Gabriel le réclame
pour jouer sur l'album So puis
lui demande de le suivre pour sa tournée mondiale.
La suite est une longue liste de nom aussi connu les uns
que les autres (Dire Straits, Tears for Fears, The Christians, Paul Young, Tracy Chapman,
Youssou N’Dour, Simple Minds, Joe Satriani,
etc.) pour lesquels Manu travaille et s'accorde une renommée
de grand batteur. Il est d'ailleurs récompensé
par trois Victoire de la Musique pour
son talent et reçoit de nombreuses autres récompenses.
En 2005, Manu Katché décide de prendre un
nouvel élan dans sa carrière en revenant
à ses premiers amours dans un album dédié
au jazz qui est une vraie bulle de bonheur : Neighbourhood.
Il est d’origine ivoirienne.
HABIB KOITE: MUSICIEN AUTHENTIQUE
Il originaire du Mali. C’est
un artiste musicien avec un style atypique et profondément
authentique. C’est l’un des rescapés
et un défenseur acharné de cette tradition
africaine qui se perd.
Habib Koïté est né en
1958 au Mali. Il évolué
dans une famille de musiciens traditionnels. Le
Ngoni est un instrument de musique traditionnel
à quatre cordes.
C’est avec cet instrument qu’il débute
et séduit le monde entier.
C’est à l’institut national des arts
de Bamako qu’il commence avant de se rendre en 1991
à France. C’est donc à Paris qu’il
reçoit le prix découverte rfi deux ans plus tard. Sa carrière prend son envol.
Il s’inscrit dans sa logique de promotion de la
musique africaine mais la world music le rattrape
très vite. Il est l’invité de tous
les festivals et devient une belle curiosité. Habid
est au sommet des hits et voyage partout à travers
le monde. Son statut d’ambassadeur de la francophonie
lui ouvre des portes mais les médias ne suivent
pas. Qu’à cela ne tienne ! Il a d’autres
ouvertures et ne rate aucune occasion de prouver qu’il
est une valeur sûr de la musique made in Africa.
LOKUA KANZA, LE
ROI DU PARTAGE
Lokua Kanza est un musicien de talents.
Un chanteur et un compositeur-arrangeur de notoriété.
Son talent a dépassé le cercle des sphères
musicales africaines. Sa musique acoustique a balayé
les clichés rumbas et autres soukouss zaïrois.
Quant à son indéniable sensibilité
artistique, elle a séduit avec constance.
Pascal Lokua Kanza est né à Bukavu dans
la province du Kivu à l'est de la République
Démocratique du Congo. C’était en
avril 1958. En 1964, la famille s'installe à Kin,
jusqu'au jour où le père de Pascal, décède.
Aîné de huit enfants élevés
dans le mélange culturel entre un père de
l'ethnie mongo et une mère rwandaise et tutsie.
Pascal, doit travailler pour subvenir aux besoins de la
famille. Il quitte donc l'école, se met à
la guitare et entre dans plusieurs ensembles de rumba.
Son talent est récompensé lorsqu'à
22 ans, il signe son entrée dans l'orchestre de
la diva Abeti Massikini, superstar dans son pays. Avec
Abeti dont la notoriété dépasse les
frontières de l'ex-Zaïre, Pascal voyage et
découvre le continent africain. En 1981, Pascal
s'installe à Abidjan en Côte d'Ivoire. Après
avoir été guitariste, il devient chanteur
du Best Orchestra de l'hôtel Ivoire d'Abidjan. Pour
Pascal, c'est une excellente école. Mais son réel
souhait est de venir travailler en France.
Pendant quatre ans, Lokua Kanza joue et chante aux côtés
de Ray Lema et participe à deux de ses albums.
On le retrouve également sur les albums du groupe
de jazz Sixun, Pierre Vassiliu ou de son compatriote Papa
Wemba. À partir de 1991, c'est avec le Camerounais
Manu Dibango qu'il collabore au sein du Soul Makossa Gang.
Fin 1992, Lokua Kanza enregistre son premier album.
Son nom est sur toutes les lèvres et ses concerts
acoustiques ont un parfum de vrai succès. Pour
tous, ce jeune Zaïrois est une révélation
musicale il a déjà ventilé 5000 disques.
Sa voix, son jeu de guitare, ses mélodies et la
poésie de l'ensemble font de lui un artiste révélation
de la scène folk africaine à cette époque.
Après une longue tournée de novembre 93
à mai 94 et la sortie de l'album dans de nombreux
pays d'Europe, au Japon et en Amérique du Nord,
Lokua retrouve Youssou en juin à New York, lors
d'un concert au Manhattan Center. Désormais, Lokua
est reconnu bien au-delà des frontières
françaises. A la fin de l'été 94,
il s'installe quelques temps dans les studios de Peter
Gabriel en Angleterre pour travailler sur l'album Emotions
de Papa Wemba. Chanteur, musicien, auteur, compositeur,
Lokua Kanza touche un peu aux arrangements et à
la production. En février 96, c'est en France que
Lokua Kanza se voit honoré aux Victoires de la
Musique par trois nominations. A la fin de l'été
98, on retrouve son nom sur le dernier album de l'Américaine
Natalie Merchant, Ophelia. Mais au cours de cette année,
il peaufine surtout son nouvel album qui sort à
l'automne sous le nom de Lokua Kanza 3. Il est de retour
en 2002 avec son nouvel album Toyebi Té (Personne
ne sait où il va),il chante avec ses quatre enfants
mais aussi, le rappeur Passi ou les cordes du Bulgarian
Symphony Orchestra. Lokua Kanza aime les collaborations
qui ouvrent d’autres horizons exemple, un projet
en trio, Toto, Bono, Lokua.
AMADOU ET MARIAM, UNE BELLE REVANCHE
Avant c’était Le
couple aveugle du Mali. Aujourd’hui c’est
Amadou et Mariam. Le couple promène ses notes chaleureuses
depuis près de trente ans. Après un long
début de carrière en Afrique, le duo s'est
imposé sur la scène internationale.
Mariam Doumbia est née à Bamako le
15 avril 1958. Très jeune, elle colle son oreille
à l’appareil radio de son père et
apprend par coeur toutes les chansons qu'elle entend :
celles des vedettes maliennes comme Siramory Diabaté, Mokontafé sako, Fanta Damba,
mais aussi les grands standards de la variété
française. Dalida, Sheila et Nana Mouskouri n’ont bientôt plus
de secret pour elle. Dès l’âge de six
ans, elle chante dans les mariages et les baptêmes.
La vie de Mariam commence dans un monde rempli
de mélodies et de paroles, entourée de l’affection
d’un père très aimant. En 1973, l’Institut
des jeunes aveugles de Bamako ouvre ses portes. Mariam,
qui a perdu la vue à l'âge de cinq ans, fait
parti des premiers élèves intégrés
et y apprend le braille. Elle y donne également
des cours de chants et de danse aux autres élèves.
Amadou Bagayoko est également né
à Bamako, le 24 octobre 1954. Il montre très
vite des prédispositions pour la musique : après
avoir commencé par apprendre les percussions dès
l'âge de deux ans, il passe à l’harmonica
et à la flûte à dix ans. Mais un de
ses oncles possède un instrument qui l’attire
plus que tout : une guitare. À partir de 1968,
il prend part à plusieurs formations musicales
: l'orchestre national du Mali, les orchestres
de Niarela, de Koutiala… De 1974 à
1980, il joue également au sein des Ambassadeurs
du Motel, l'une des formations les plus en vue au
Mali qui a compté Salif Keïta parmi
ses membres, et avec laquelle il joue en France, en Côte
d'ivoire, en Guinée Conakry, en Haute-Volta (actuel
Burkina Faso). Parallèlement, ayant perdu la vue
pendant son adolescence à la suite d'une cataracte
congénitale, il entre en 1975 à l’Institut
des jeunes aveugles de Bamako. Auréolé
d’un début de succès et surtout passionné
par la musique, Amadou séduit Mariam.
Et inversement. À l’Institut, l’accent
est mis sur la musique : les élèves forment
la troupe de l’Institut en 1976 que dirige Amadou,
puis, en 1977, un orchestre dont Mariam est la
chanteuse principale. Ces formations présentent
des spectacles et animent des campagnes de sensibilisation
à la vie des aveugles. 1980 marque le début
de leur duo : à la ville, puisqu’ils se marient
cette année-là, et sur scène puisqu'ils
donnent leur premier concert en couple au stade de Bobo
Dioulasso Tout en menant une vie de famille (ils ont trois
enfants. L’un d’entre eux est aujourd’hui
musicien de hip-hop), le couple, qui évolue désormais
en toute autonomie, commence à se faire connaître
dans tout le Mali. En 1985, le duo effectue une tournée
de trois mois au Burkina Faso. Puisque les possibilités
d’enregistrement sont réduites au Mali, ils
partent vivre en Côte d’Ivoire en 1986. À
Abidjan, ils rencontrent le producteur nigérien Maïkano et entrent en studio en décembre
1988. De ces sessions sortiront deux cassettes, intitulées Volumes1 et Volume2 et commercialisées en mars 1989. Le succès
est très vite au rendez-vous et ceux que l'on surnomme Le couple aveugle du Mali multiplient
les prestations en public. En décembre, ils animent
à Abidjan un gala en compagnie de Stevie Wonder, Cool and The Gang, puis participe l'année
suivante à un hommage à Fulgence Kassy (célèbre animateur ivoirien de l'émission
télévisée Première Chance)
avec plus d'une trentaine d'artistes. En février
1990, Amadou et Mariam retournent
en studio, avec le même producteur, pour enregistrer
les morceaux qui figurent sur les cassettes Volume
3 et Volume 4,
sorties en 1991. Retour en France en 1997 : ils enregistrent
leur premier CD, distribué en Europe, qui sort
en 1998. Intitulé Sou Ni Tilé (Nuit et jour) et composé en partie d'anciens
morceaux, il contient notamment la chanson Mon amour, ma chérie qui les fait connaître
rapidement. En décembre 1997, ils se produisent
aux Transmusicales de Rennes Métisses
d'Angoulême avant de se rendre au Mali en 2003 pour
une tournée. Approchés par Manu Chao,
qui a eu un véritable coup de foudre en découvrant
leur musique, ils commencent à travailler ensemble
sur de nouvelles chansons à Paris en septembre
2003, puis terminent l'enregistrement en avril 2004 au
Mali, où Amadou et Mariam se sont produits
en début d'année, dans le cadre du Festival
au Désert, à quelques heures de piste de
Tombouctou. Fusion complète de leur musique avec
celle de Manu Chao, l'album Dimanche
à Bamako sort en octobre 2004, et
leur permet de toucher un public encore plus large.
APPELEZ
LE BOOBA!
Booba le jeune Franco sénégalais
est l’une des valeurs sûres du rap hexagonal.
Il y a environ dix ans qu’il a mis les pieds dans
le milieu du rap français. Il a quelque chose ce
mec!
Il séduit par son flow et par son beat
singulier. Son style imagé a pénétré
des âmes et des sens accessibles. Mêmes les
plus sceptiques se laissent attendrir…sans plus.
Il a produit plusieurs albums et ses ventes étaient
plus que satisfaisantes. Quelques gaffes ici et là
qu’il assume et le voilà sur la bonne voix.
C’est un provocateur et c’est cela qui fait
son succès. Il pense que les hommes politiques
vivent en autarcie et reste dubitatif quant à l’intégrité
de leur discours. Il les met d’ailleurs sur le même
pied d’égalité que les escrocs ou
les truands.
Il aime l’Afrique et s’intéresse à
son histoire. Une histoire pas toujours reluisante et
pas facile à assumer. A cause de ce lourd passé.
SADE
ADU, LE TALENT DISCRET
Avec 75 millions d'albums vendus,
Sade Adu est une des rares blacks à atteindre des
ventes records en Europe. Cette jeune dame a une âme
d’artiste et on ne se surprend pas entrain de lire
sur sa carte de visite, Sade Adu styliste, chanteuse,
compositrice de musique, et de parole...
Helen Folasade Adu est née
le 16 Janvier 1959, de Bisi Adu, un Nigerian,
et de Anne Hayes, une Britannique. Son nom Sade
signifie « Gloire couronnée ». A 17 ans, elle étudie le dessin, l'art
et de la mode. Elle suit les cours du St-Martin's
College of Art of London où elle étudie
la mode pour devenir styliste pour homme. Mannequin et
créatrice de mode, elle se passionne très
jeune pour la musique afro-américaine. Elle accepte
de suivre des amis qui cherchent une chanteuse. Un an
plus tard, Elle rejoint en rentrant de l'Axiom Show de New York où elle a présenté
ses créations, le groupe Funk Pride comme
choriste. Elle compose ses premiers morceaux qu'elle chante
en première partie de Pride avec quelques
standards de jazz comme Cry me a River ou Why can't we live Together sous les acclamations
du public. Elle plait déjà ! En 1983, Sade
recrute Stuart Matthewman, Paul Denman, le clavier Andrew Hale et lance le groupe Sade de son prénom
et signe un contrat avec Epic Records. Regroupés
sur un premier album Diamond Life, la
native du Nigeria entre dans le Top 10 britannique, boosté
par les singles, encensée par le public et la presse.
Le groupe reçoit le Grammy Award de la révélation
de l'année 1984. Une année plus tard, elle
enregistre l'album Promise contenant le single The
sweetest taboo resté dans les mémoires.
En 1994 elle sort The Best of Sade, qui se vend
à 40 millions d'exemplaires sur la planète.
Après quasiment huit ans de silence Sade signe Lovers Rock. Sa musique a pris des allures universelles.
Paradoxalement, Sade Adu cultive la discrétion.
Elle passe son temps avec ses amis, sa famille, son enfant
loin du showbiz.
PRINCESS ERIKA, UN MELANGE DE COULEUR
La belle n'a pas la langue dans
sa poche. Son premier succès s'appelait d'ailleurs
Trop de blabla. Princess Erika, africaine de cœur
et européenne de naissance, revendique une indépendance
de ton.
Ses prises de position sont claires et son
discours aussi. Princess Erika est une femme de caractère. Erika Dobong'na est née
à Paris en 1964 de parents camerounais. Sa mère
est la fille d'un chef traditionnel et exilée politique
en France. Elle rencontre à la faculté le
père d'Erika et donne naissance à quatre
filles, Esther, Erika, Eva et Elga.A l'âge de cinq
ans, la jeune Erika entre au conservatoire pour suivre
des leçons de solfège et de piano. Mais
quant à l'âge de 12 ans on lui offre une
guitare, elle préfère reprendre les chansons
de Bob Marley ou des Beatles. La musique semble être
sa véritable vocation. A partir de 82, elle évolue
au sein des Blackheart Daughters qu'elle crée
avec ses sœurs, puis Princess and the royal Sound avec qui elle effectue plusieurs tournées en première
partie du Jamaïcain Dennis Brown. Fin 86,
elle décide d'enregistrer à Londres avec
les musiciens du groupe de reggae, Aswad.
Elle produit donc elle-même son premier disque qui
ne sortira malheureusement pas tout de suite. En effet,
il faut attendre 88 pour voir, le 45 tours Trop de blabla,
titre aux sonorités reggae destiné "à
tous ceux qui parlent trop et ne font rien".
Succès médiatique immédiat.
Après un second 45 tours en 89, intitulé Tendress qui passe à
peu près inaperçu, il faut attendre trois
ans pour voir Princess Erika réapparaître
sur la scène musicale. Un album sort en juillet,
avec comme premier extrait le titre Calomnie.
Auteur, compositeur et interprète, la jeune femme
déploie tous ses talents pour chacun des douze
titres où se mêlent les influences, les couleurs
musicales et les rythmes, reggae, soul, funk et jazz…Dorénavant
estampillée chanteuse rasta, Princess Erika s'envole
pour Londres et enregistre un nouvel album. En avril 95,
sort donc D'origine, nouvel
opus avec comme premier extrait Viens. On retient aussi
un duo avec une légende du reggae, Freddy Mac Greggor
Longtime, Tu t'affoles.
Le quatrième album de la princesse du reggae français, A l'épreuve du temps,
paraît en octobre 2005. Comme son premier opus,
il est entièrement auto-produit. En plus de signer
les textes et les musiques, Princess Erika a fait ce disque
en famille : on retrouve son fils Julien, ses
trois sœurs se chargent des chœurs. En ce moment,
Princess est en tournage d’un film pour France 2
à Paris qui s’est achevé le mois dernier.
Elle a été officiellement intronisée
princesse par sa mère il y a deux mois sur le plateau
de Michel Drucker.
OUMOU
SANGARE: L’AVOCATE DES AFRICAINES
Elle est l’une des chanteuses
maliennes les plus célèbres auprès
du public occidental. Oum Sang, comme l’appelle désormais
les chinois, est issue d’une famille originaire du
Wassoulou. Une région boisée située
au sud-est de Bamako, où la tradition s'inspire directement
des chants de chasseurs.
A travers ses chansons, le timbre ample et
vibrant de sa voix, Oumou Sangaré dit ses convictions.
Attachée à l’identité culturelle
du pays, elle croit aux valeurs traditionnelles tout en
pointant celles qui brident les femmes.
Oumou Sangaré naît à Bamako le 2 février
1968. Dès l'âge de cinq ans, elle commence
à aguerrir sa voix à l'école maternelle,
avec des mélodies de la tradition du Wassoulou, la
région des siens. Une région où les
règles de castes, ailleurs en vigueur, n'ont pas
cours, où donc l’on peut chanter sans appartenir
à un lignage de djeli (griots), personnages clés
de la société traditionnelle. Oumou Sangaré
n’est pas griotte. Quand elle décide de chanter,
cela ne déclenche aucun drame dans la famille.Sa
grand-mère était déjà une interprète
adulée. Quant à sa mère, Aminata Diakité,
qui lui enseigne le ton juste et l’art du chant, elle
la traîne pendant des années de mariages en
baptêmes. Très tôt, elle se met à
chanter dans la rue tout en vendant de l’eau, gagnant
ici ou là quelques pièces. Un maigre butin
qui lui permet d’aider sa mère, délaissée
par son époux, dont la souffrance a favorisé
plus tard son engagement contre la polygamie et pour la
cause des femmes. Dans les mariages, les baptêmes,
où elle commence à chanter, on apprécie
de plus en plus sa voix. Dès lors, elle sait que
son chemin n’est pas celui de l’école.
Elle intègre l’Ensemble national du Mali puis,
repérée par le vétéran du Super
Djata Band, Bamba Dambélé, l'ensemble de percussions
Djoliba, avec lequel elle sort pour la première fois
du Mali en 1986. De retour au pays, elle recommence à
chanter, ici pour des jeunes mariés, là pour
célébrer un baptême, tout en se perfectionnant
au répertoire traditionnel du Wassoulou avec Amadou
Ba Guindo. Puis vient le virage décisif. Un producteur
l'embarque avec musiciens et espoirs à Abidjan. "C’était
très dur pour moi de quitter la rue. Le gars qui
m’a convaincue de faire un album a mis deux ans pour
me persuader. Il m’a même acheté une
voiture!", confie la chanteuse. En une semaine,
elle enregistre au studio JBZ Moussolou (Les Femmes) pour
le label Syllart. À sa sortie en 1989, un an après
l’enregistrement pour cause de bande égarée,
la cassette provoque un véritable raz-de-marée.
Oumou Sangaré devient pratiquement du jour au lendemain
une grande star. Aujourd'hui, elle a définitivement
laissé tomber mariages et baptêmes. Elle ne
se produit plus que dans de vraies salles de concerts et
enchaîne les enregistrements : Moussolou
en 1989; Ko Sira en 1993; Worotan
en 1996, avec la participation de Pee Wee Ellis,
ancien saxophoniste de James Brown, et Nitin Sawhney. Son
quatrième album, "Laban",
paru en 2001 uniquement en cassette en Afrique, se vend
à plus de 120.000 copies au Mali. En 2003, paraît
Oumou, un double-album regroupant
tous ses succès, plus huit inédits dont des
titres de "Laban". Sa carrière internationale,
enclenchée en 1992-1993 après sa signature
sur le label anglais World Circuit, n’a cessé
de prendre de l’ampleur. Désormais, Oumou Sangaré
porte le son du Wassoulou jusqu'aux oreilles du Japon, du
Canada et des États-Unis, au Maroc.
JOCELYNE LABYLLE:
UN DESTIN TRACE
Jocelyne Labylle avait déjà
inscrit quelques exploits à son palmarès,
notamment en 1997 avec son tube Quand tu veux.
Des textes simples, des histoires de tous les jours, une
voix agréablement mise en évidence par des
mélodies zouk ambitieuses et sans fioriture.
Jocelyne Labylle est née le 7 janvier 1973 à
Saint-Claude en Guadeloupe. Très tôt, elle
est attirée par le monde du spectacle. Le strass
et les paillettes la font rêver, largement nourrie
par les succès de sa mère, danseuse au sein
du groupe Karabina, le plus célèbre
ensemble folklorique de danse guadeloupéenne. Jocelyne
assiste aux répétitions et aux spectacles
de cette formation et s’impatiente de retrouver sa
mère sous les projecteurs. En 1992, Jocelyne Labylle
intègre le groupe Mélodie
aux côtés de Tony Deloumeaux, futur co-leader
du groupe Fuzion. Cette première
aventure dure deux ans à peine. Mais déjà
son nom commence à circuler dans le microcosme musical
guadeloupéen. En Août 1997, le simple Quand
tu veux est sur toutes les radios et le tube
se vend à plusieurs milliers d’exemplaires.
Mais la chanteuse ne se laisse pas griser par ce fulgurant
succès. L’année 1999 constitue l’un
des temps forts de la carrière de celle qu’on
appelle déjà l’Icône
du Zouk. Frédéric Caracas, devenu
véritablement son mentor accepte de l’accompagner
dans la production de son troisième album On verra.
On note les contributions de Jean-claude Naimro, Jacob Desvarieux
de Kassav et Harry Diboula à la réalisation.
On verra la chanson qui donne
le nom à l’album est un énorme succès.
La même année, Jocelyne découvre l’Afrique
en se rendant en Côte-d’Ivoire. Ce sera la première
étape d’une longue série de rendez-vous
avec ses fans d’Afrique sur lesquels elle exerce le
même pouvoir de séduction sur le public antillais…Lorsqu’elle
chante en Afrique, elle se sent africaine et la communion
est parfaite, affirme t-elle. Au printemps 2000, elle s’entoure
d’un nouveau staff dirigé par Eric Siar comme
manager et producteur exécutif et obtient des conditions
plus avantageuses dans sa maison de disques Sonodisc, désormais
contrôlée par Next Music. En juillet 2000,
le simple J’ai déposé les
clés qui annonce son prochain album
est un tube. Cette chanson est un tableau réaliste
d’une rupture amoureuse au profit d’une nouvelle
idylle.
Dans cet album, les chansons semblent traduire une profonde
maturité de la jeune Labylle. On retiendra surtout
le titre Jusqu’au bout où
elle invite le célèbre groupe ivoirien Magic
System (rencontré à Abidjan en 1999) et Claudy
Siar, chanteur et animateur de Radio France Internationale.
PIERRETTE ADAMS: UN
COEUR D’OR
On pourrait dire d’elle
qu’elle est un melting-pot de nationalités.
En Pierrette Adams se retrouve l’afrique. Cette combattante
et protectrice des enfants en difficulté, est une
chanteuse qui a su conquérir les cœurs. Elle
s’est forgée une carrière de chanteuse
avec le soutien de son époux, de Boncana Maïga
et compte bien y réussir. Découverte d’une
artiste au cœur grand.
Pierrette Adams est probablement l’une
des artistes du continent africain qui force de travail
est devenu incontournable. Née le 5 mai 1962 à
Pointe Noire, au Congo-Brazzaville, elle connaît une
enfance difficile. Mais ne lui demandez pas de vous parler
de cette triste partie sa vie, elle n’en dira pas
un seul mot. Sa carrière démarre quand elle
décide de vivre en Cote d’Ivoire. Elle y passe
19 années de sa vie avec son époux, Florentin
Duarte qui y est affecté pour des raisons de travail.
Un jour une nouvelle lui parvient. Un enfant a été
victime de violence de la part d’un adulte.Ce qui
l’inspire pour l’enregistrement de son tout
premier essai musical qu’elle intitule
Journal intime sorti en 1994. Et c’est
le succès. Elle considère cette œuvre
comme le souvenir le plus marquant de sa carrière
: « Mon meilleur souvenir date de dix ans. Au tout
début de ma carrière. Je n’avais fait
qu’un seul album (Journal intime, 1994).
J’étais à Abidjan.
On m’appelle pour me dire qu’à Brazzaville
et à Pointe-Noire, ma chanson Journal intime
fait un véritable carton et qu’il faut que
je vienne absolument pour y faire un concert. Je n’avais
jamais fait de live, je ne savais pas vraiment chanter,
j’avais enregistré cet album juste pour venir
en aide à quelqu’un. Le jour du concert, j’arrive
au stade. Il était plein à craquer. Et il
y avait près de 100 mètres de queue à
l’extérieur. J’ai demandé incrédule
s’il y a avait une première partie avant moi.
Non, j’étais la seule artiste programmée
! Je n’avais que six chansons dans mon album. Donc
pas de quoi tenir un véritable concert. Sur scène,
j’ai fini mon répertoire en trente minutes.
On s’est regardé avec les musiciens, le public
en redemandait. Alors on a refait le répertoire trois
fois... »
Elle utilise plusieurs genres musicaux populaires et dansants
pour se positionner dans la sphère musicale africaine
: le zouk, le ndombolo, le soukouss et le zouglou.
En 1996 avec Mal de mère,
et en 1998 avec Je vous salue maris elle relance sa carrière.
En 2000, elle sort Absolument
qui connaît un succès. En 2003, Anesthésie
et un best of pour la consécration de ses
10 ans de carrière musicale.
Cette dame au cœur d’or s’occupait des
enfants sans foyer pendant son séjour ivoirien. Un
engagement social qui lui valu d’être très
appréciée en Côte d’Ivoire, où
sa notoriété est toujours intacte. Seulement,
en raison de la situation de crise, elle a dû arrêter
ses activités pour poser ses valises à Dakar,
au Sénégal. Aujourd’hui elle s’est
installée à Paris.
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