LE SLAM: CETTE NOUVELLE TENDANCE ?

Le slam est un art collectif, oratoire et acoustique importé des Etats-Unis, Seul compte le texte, qu'il soit lu, scandé, crié, improvisé, récité. Tribune de libre expression, chaque scène slam donne la parole à tous poètes, nouvellistes, rappeurs, improvisateurs et chanteurs tous animés d'une même passion pour l'écriture.
Il n'y a pas de musique, la voix sert comme unique repère rythmique. Les auteurs et le public sont invités à tour de rôle à monter sur une scène pour dire leurs textes. Un animateur rythme la soirée et distribue la parole, passe le flot.
Mouvement lié à l'oralité, défendu par certains comme une discipline à part entière, le slam est un terrain d'expression qui trouve ses origines semble t-il aux Etats-Unis. La forme actuelle de cet art s'est développée dans la plupart des pays européens et est sur la voie d’atteindre le monde. Son histoire remonterait dit-on, aux griots d'Afrique de l'Ouest, des joutes orales du sud de la France, des duels d'improvisation du Brésil et de Cuba à la sortie du film Slam de Marc Levin. L'histoire est celle de Ray Joshua, un jeune noir qui vit dans un ghetto de Washington, interprété par le poète-rappeur Saul Williams. Condamné pour possession de marijuana, il rencontre en prison une slameuse qui anime un atelier et qui l'encourage à développer ses dons pour l'écriture et l'oralité. Avec Saul Williams, la poésie retrouve son essence orale originelle et le Slam se définit comme une forme de poésie déclamée proche d'un rap à capella.
La sortie du film en France fait connaître l'existence d'un mouvement Slam aux Etats-Unis, initié par Marc Smith au Green Mill de Chicago. Le succès de Slam permet également au noyau du Club de mettre un nom sur ses propres pratiques orales, tandis que Pilote le Hot s'engouffre dans la brèche en fondant Slam Productions.

CAPLETON: LE PROPHET IN THE HOUSE

Il fait partie de la confrérie des bobos en jamaïque. Capleton fait du reggae et son style est à part. Au delà de la guerre des clans à kingston c’est un artiste de talent. Mais très controversé.

Ils ont révolutionné le reggae et on fait de cette musique un véritable busines. Avec Bennie Man, Sizzla, Moses, Antonny B, Bushman…. Capleton et son école artistique dérange et plait à la fois. Il est talentueux et sa musique est différente du reggae classique qu’on nous sert. Mais ses thèmes et son clan perturbent la quiétude de la petite île. Dans sa conception des choses, les critères du ghetto sont les plus puissants. C’est un adapte du dance hall qui aime les femmes et hait les homosexuels mais il est toujours entouré de plusieurs hommes. Et ses rapports avec eux est, à ce qu’il paraît ambiguë. Ce qui fait sourire et jaser. Et depuis ses chansons sont plus tournées vers les femmes comme pour prouver quelque chose à lui même. Toutes ces perturbations et interprétations l’ont quelque peu éloigné du camp bobo. Depuis peu on le voit sans son fameux turban, marque distinctive des bobos. Rumeur et affabulation dit-il. « Les sujets sur la femme m’intéresse. Je ne laisserai donc pas tomber. C’est juste pour le pouvoir des rastafari que j’ai mis les chansons sur les femmes de côté. »
Ainsi va la rumeur sur sa sexualité malgré son immense talent et ses phrases toute faites du genre : « Chaque homme dépend d’une femme pour le mener sur le bon chemin ».

MANU KATCHE: UN AMOUR DE JAZZ

Manu Katché est né le 27 octobre 1958 à St Maur des Fossés. Il fait ses premiers pas dans le monde artistique à l'âge de cinq ans en pratiquant la danse classique pendant deux ans avant de se tourner vers le piano, activité plus proche de ses aspirations.

Par la suite, il s'inscrit au Conservatoire de Musique de Paris d'où il sort avec un premier prix de percussions. En parallèle à ses études, Manu joue comme batteur avec des petits groupes avant de trouver un engagement pour accompagner Coluche sur ces tournées. Remarqué, il commence à se faire un nom et joue en studio pour des artistes comme Jean-Jacques Goldman, ou Michel Jonasz. Sa carrière prend un envol international quand Peter Gabriel le réclame pour jouer sur l'album So puis lui demande de le suivre pour sa tournée mondiale. La suite est une longue liste de nom aussi connu les uns que les autres (Dire Straits, Tears for Fears, The Christians, Paul Young, Tracy Chapman, Youssou N’Dour, Simple Minds, Joe Satriani, etc.) pour lesquels Manu travaille et s'accorde une renommée de grand batteur. Il est d'ailleurs récompensé par trois Victoire de la Musique pour son talent et reçoit de nombreuses autres récompenses. En 2005, Manu Katché décide de prendre un nouvel élan dans sa carrière en revenant à ses premiers amours dans un album dédié au jazz qui est une vraie bulle de bonheur : Neighbourhood. Il est d’origine ivoirienne.

HABIB KOITE: MUSICIEN AUTHENTIQUE

Il originaire du Mali. C’est un artiste musicien avec un style atypique et profondément authentique. C’est l’un des rescapés et un défenseur acharné de cette tradition africaine qui se perd.

Habib Koïté est né en 1958 au Mali. Il évolué dans une famille de musiciens traditionnels. Le Ngoni est un instrument de musique traditionnel à quatre cordes.
C’est avec cet instrument qu’il débute et séduit le monde entier.
C’est à l’institut national des arts de Bamako qu’il commence avant de se rendre en 1991 à France. C’est donc à Paris qu’il reçoit le prix découverte rfi deux ans plus tard. Sa carrière prend son envol. Il s’inscrit dans sa logique de promotion de la musique africaine mais la world music le rattrape très vite. Il est l’invité de tous les festivals et devient une belle curiosité. Habid est au sommet des hits et voyage partout à travers le monde. Son statut d’ambassadeur de la francophonie lui ouvre des portes mais les médias ne suivent pas. Qu’à cela ne tienne ! Il a d’autres ouvertures et ne rate aucune occasion de prouver qu’il est une valeur sûr de la musique made in Africa.

LOKUA KANZA, LE ROI DU PARTAGE

Lokua Kanza est un musicien de talents. Un chanteur et un compositeur-arrangeur de notoriété. Son talent a dépassé le cercle des sphères musicales africaines. Sa musique acoustique a balayé les clichés rumbas et autres soukouss zaïrois. Quant à son indéniable sensibilité artistique, elle a séduit avec constance.
Pascal Lokua Kanza est né à Bukavu dans la province du Kivu à l'est de la République Démocratique du Congo. C’était en avril 1958. En 1964, la famille s'installe à Kin, jusqu'au jour où le père de Pascal, décède. Aîné de huit enfants élevés dans le mélange culturel entre un père de l'ethnie mongo et une mère rwandaise et tutsie. Pascal, doit travailler pour subvenir aux besoins de la famille. Il quitte donc l'école, se met à la guitare et entre dans plusieurs ensembles de rumba. Son talent est récompensé lorsqu'à 22 ans, il signe son entrée dans l'orchestre de la diva Abeti Massikini, superstar dans son pays. Avec Abeti dont la notoriété dépasse les frontières de l'ex-Zaïre, Pascal voyage et découvre le continent africain. En 1981, Pascal s'installe à Abidjan en Côte d'Ivoire. Après avoir été guitariste, il devient chanteur du Best Orchestra de l'hôtel Ivoire d'Abidjan. Pour Pascal, c'est une excellente école. Mais son réel souhait est de venir travailler en France.
Pendant quatre ans, Lokua Kanza joue et chante aux côtés de Ray Lema et participe à deux de ses albums. On le retrouve également sur les albums du groupe de jazz Sixun, Pierre Vassiliu ou de son compatriote Papa Wemba. À partir de 1991, c'est avec le Camerounais Manu Dibango qu'il collabore au sein du Soul Makossa Gang. Fin 1992, Lokua Kanza enregistre son premier album.
Son nom est sur toutes les lèvres et ses concerts acoustiques ont un parfum de vrai succès. Pour tous, ce jeune Zaïrois est une révélation musicale il a déjà ventilé 5000 disques. Sa voix, son jeu de guitare, ses mélodies et la poésie de l'ensemble font de lui un artiste révélation de la scène folk africaine à cette époque. Après une longue tournée de novembre 93 à mai 94 et la sortie de l'album dans de nombreux pays d'Europe, au Japon et en Amérique du Nord, Lokua retrouve Youssou en juin à New York, lors d'un concert au Manhattan Center. Désormais, Lokua est reconnu bien au-delà des frontières françaises. A la fin de l'été 94, il s'installe quelques temps dans les studios de Peter Gabriel en Angleterre pour travailler sur l'album Emotions de Papa Wemba. Chanteur, musicien, auteur, compositeur, Lokua Kanza touche un peu aux arrangements et à la production. En février 96, c'est en France que Lokua Kanza se voit honoré aux Victoires de la Musique par trois nominations. A la fin de l'été 98, on retrouve son nom sur le dernier album de l'Américaine Natalie Merchant, Ophelia. Mais au cours de cette année, il peaufine surtout son nouvel album qui sort à l'automne sous le nom de Lokua Kanza 3. Il est de retour en 2002 avec son nouvel album Toyebi Té (Personne ne sait où il va),il chante avec ses quatre enfants mais aussi, le rappeur Passi ou les cordes du Bulgarian Symphony Orchestra. Lokua Kanza aime les collaborations qui ouvrent d’autres horizons exemple, un projet en trio, Toto, Bono, Lokua.

AMADOU ET MARIAM, UNE BELLE REVANCHE

Avant c’était Le couple aveugle du Mali. Aujourd’hui c’est Amadou et Mariam. Le couple promène ses notes chaleureuses depuis près de trente ans. Après un long début de carrière en Afrique, le duo s'est imposé sur la scène internationale.
Mariam Doumbia
est née à Bamako le 15 avril 1958. Très jeune, elle colle son oreille à l’appareil radio de son père et apprend par coeur toutes les chansons qu'elle entend : celles des vedettes maliennes comme Siramory Diabaté, Mokontafé sako, Fanta Damba, mais aussi les grands standards de la variété française. Dalida, Sheila et Nana Mouskouri n’ont bientôt plus de secret pour elle. Dès l’âge de six ans, elle chante dans les mariages et les baptêmes. La vie de Mariam commence dans un monde rempli de mélodies et de paroles, entourée de l’affection d’un père très aimant. En 1973, l’Institut des jeunes aveugles de Bamako ouvre ses portes. Mariam, qui a perdu la vue à l'âge de cinq ans, fait parti des premiers élèves intégrés et y apprend le braille. Elle y donne également des cours de chants et de danse aux autres élèves.
Amadou Bagayoko est également né à Bamako, le 24 octobre 1954. Il montre très vite des prédispositions pour la musique : après avoir commencé par apprendre les percussions dès l'âge de deux ans, il passe à l’harmonica et à la flûte à dix ans. Mais un de ses oncles possède un instrument qui l’attire plus que tout : une guitare. À partir de 1968, il prend part à plusieurs formations musicales : l'orchestre national du Mali, les orchestres de Niarela, de Koutiala… De 1974 à 1980, il joue également au sein des Ambassadeurs du Motel, l'une des formations les plus en vue au Mali qui a compté Salif Keïta parmi ses membres, et avec laquelle il joue en France, en Côte d'ivoire, en Guinée Conakry, en Haute-Volta (actuel Burkina Faso). Parallèlement, ayant perdu la vue pendant son adolescence à la suite d'une cataracte congénitale, il entre en 1975 à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. Auréolé d’un début de succès et surtout passionné par la musique, Amadou séduit Mariam. Et inversement. À l’Institut, l’accent est mis sur la musique : les élèves forment la troupe de l’Institut en 1976 que dirige Amadou, puis, en 1977, un orchestre dont Mariam est la chanteuse principale. Ces formations présentent des spectacles et animent des campagnes de sensibilisation à la vie des aveugles. 1980 marque le début de leur duo : à la ville, puisqu’ils se marient cette année-là, et sur scène puisqu'ils donnent leur premier concert en couple au stade de Bobo Dioulasso Tout en menant une vie de famille (ils ont trois enfants. L’un d’entre eux est aujourd’hui musicien de hip-hop), le couple, qui évolue désormais en toute autonomie, commence à se faire connaître dans tout le Mali. En 1985, le duo effectue une tournée de trois mois au Burkina Faso. Puisque les possibilités d’enregistrement sont réduites au Mali, ils partent vivre en Côte d’Ivoire en 1986. À Abidjan, ils rencontrent le producteur nigérien Maïkano et entrent en studio en décembre 1988. De ces sessions sortiront deux cassettes, intitulées Volumes1 et Volume2 et commercialisées en mars 1989. Le succès est très vite au rendez-vous et ceux que l'on surnomme Le couple aveugle du Mali multiplient les prestations en public. En décembre, ils animent à Abidjan un gala en compagnie de Stevie Wonder, Cool and The Gang, puis participe l'année suivante à un hommage à Fulgence Kassy (célèbre animateur ivoirien de l'émission télévisée Première Chance) avec plus d'une trentaine d'artistes. En février 1990, Amadou et Mariam retournent en studio, avec le même producteur, pour enregistrer les morceaux qui figurent sur les cassettes Volume 3 et Volume 4, sorties en 1991. Retour en France en 1997 : ils enregistrent leur premier CD, distribué en Europe, qui sort en 1998. Intitulé Sou Ni Tilé (Nuit et jour) et composé en partie d'anciens morceaux, il contient notamment la chanson Mon amour, ma chérie qui les fait connaître rapidement. En décembre 1997, ils se produisent aux Transmusicales de Rennes Métisses d'Angoulême avant de se rendre au Mali en 2003 pour une tournée. Approchés par Manu Chao, qui a eu un véritable coup de foudre en découvrant leur musique, ils commencent à travailler ensemble sur de nouvelles chansons à Paris en septembre 2003, puis terminent l'enregistrement en avril 2004 au Mali, où Amadou et Mariam se sont produits en début d'année, dans le cadre du Festival au Désert, à quelques heures de piste de Tombouctou. Fusion complète de leur musique avec celle de Manu Chao, l'album Dimanche à Bamako sort en octobre 2004, et leur permet de toucher un public encore plus large.

APPELEZ LE BOOBA!

Booba le jeune Franco sénégalais est l’une des valeurs sûres du rap hexagonal. Il y a environ dix ans qu’il a mis les pieds dans le milieu du rap français. Il a quelque chose ce mec!
Il séduit par son flow et par son beat singulier. Son style imagé a pénétré des âmes et des sens accessibles. Mêmes les plus sceptiques se laissent attendrir…sans plus. Il a produit plusieurs albums et ses ventes étaient plus que satisfaisantes. Quelques gaffes ici et là qu’il assume et le voilà sur la bonne voix. C’est un provocateur et c’est cela qui fait son succès. Il pense que les hommes politiques vivent en autarcie et reste dubitatif quant à l’intégrité de leur discours. Il les met d’ailleurs sur le même pied d’égalité que les escrocs ou les truands.
Il aime l’Afrique et s’intéresse à son histoire. Une histoire pas toujours reluisante et pas facile à assumer. A cause de ce lourd passé.

SADE ADU, LE TALENT DISCRET

Avec 75 millions d'albums vendus, Sade Adu est une des rares blacks à atteindre des ventes records en Europe. Cette jeune dame a une âme d’artiste et on ne se surprend pas entrain de lire sur sa carte de visite, Sade Adu styliste, chanteuse, compositrice de musique, et de parole...
Helen Folasade Adu est née le 16 Janvier 1959, de Bisi Adu, un Nigerian, et de Anne Hayes, une Britannique. Son nom Sade signifie « Gloire couronnée ». A 17 ans, elle étudie le dessin, l'art et de la mode. Elle suit les cours du St-Martin's College of Art of London où elle étudie la mode pour devenir styliste pour homme. Mannequin et créatrice de mode, elle se passionne très jeune pour la musique afro-américaine. Elle accepte de suivre des amis qui cherchent une chanteuse. Un an plus tard, Elle rejoint en rentrant de l'Axiom Show de New York où elle a présenté ses créations, le groupe Funk Pride comme choriste. Elle compose ses premiers morceaux qu'elle chante en première partie de Pride avec quelques standards de jazz comme Cry me a River ou Why can't we live Together sous les acclamations du public. Elle plait déjà ! En 1983, Sade recrute Stuart Matthewman, Paul Denman, le clavier Andrew Hale et lance le groupe Sade de son prénom et signe un contrat avec Epic Records. Regroupés sur un premier album Diamond Life, la native du Nigeria entre dans le Top 10 britannique, boosté par les singles, encensée par le public et la presse. Le groupe reçoit le Grammy Award de la révélation de l'année 1984. Une année plus tard, elle enregistre l'album Promise contenant le single The sweetest taboo resté dans les mémoires. En 1994 elle sort The Best of Sade, qui se vend à 40 millions d'exemplaires sur la planète. Après quasiment huit ans de silence Sade signe Lovers Rock. Sa musique a pris des allures universelles. Paradoxalement, Sade Adu cultive la discrétion. Elle passe son temps avec ses amis, sa famille, son enfant loin du showbiz.

PRINCESS ERIKA, UN MELANGE DE COULEUR

La belle n'a pas la langue dans sa poche. Son premier succès s'appelait d'ailleurs Trop de blabla. Princess Erika, africaine de cœur et européenne de naissance, revendique une indépendance de ton.

Ses prises de position sont claires et son discours aussi. Princess Erika est une femme de caractère. Erika Dobong'na est née à Paris en 1964 de parents camerounais. Sa mère est la fille d'un chef traditionnel et exilée politique en France. Elle rencontre à la faculté le père d'Erika et donne naissance à quatre filles, Esther, Erika, Eva et Elga.A l'âge de cinq ans, la jeune Erika entre au conservatoire pour suivre des leçons de solfège et de piano. Mais quant à l'âge de 12 ans on lui offre une guitare, elle préfère reprendre les chansons de Bob Marley ou des Beatles. La musique semble être sa véritable vocation. A partir de 82, elle évolue au sein des Blackheart Daughters qu'elle crée avec ses sœurs, puis Princess and the royal Sound avec qui elle effectue plusieurs tournées en première partie du Jamaïcain Dennis Brown. Fin 86, elle décide d'enregistrer à Londres avec les musiciens du groupe de reggae, Aswad. Elle produit donc elle-même son premier disque qui ne sortira malheureusement pas tout de suite. En effet, il faut attendre 88 pour voir, le 45 tours Trop de blabla, titre aux sonorités reggae destiné "à tous ceux qui parlent trop et ne font rien". Succès médiatique immédiat.
Après un second 45 tours en 89, intitulé Tendress qui passe à peu près inaperçu, il faut attendre trois ans pour voir Princess Erika réapparaître sur la scène musicale. Un album sort en juillet, avec comme premier extrait le titre Calomnie. Auteur, compositeur et interprète, la jeune femme déploie tous ses talents pour chacun des douze titres où se mêlent les influences, les couleurs musicales et les rythmes, reggae, soul, funk et jazz…Dorénavant estampillée chanteuse rasta, Princess Erika s'envole pour Londres et enregistre un nouvel album. En avril 95, sort donc D'origine, nouvel opus avec comme premier extrait Viens. On retient aussi un duo avec une légende du reggae, Freddy Mac Greggor Longtime, Tu t'affoles.
Le quatrième album de la princesse du reggae français, A l'épreuve du temps, paraît en octobre 2005. Comme son premier opus, il est entièrement auto-produit. En plus de signer les textes et les musiques, Princess Erika a fait ce disque en famille : on retrouve son fils Julien, ses trois sœurs se chargent des chœurs. En ce moment, Princess est en tournage d’un film pour France 2 à Paris qui s’est achevé le mois dernier. Elle a été officiellement intronisée princesse par sa mère il y a deux mois sur le plateau de Michel Drucker.

OUMOU SANGARE: L’AVOCATE DES AFRICAINES

Elle est l’une des chanteuses maliennes les plus célèbres auprès du public occidental. Oum Sang, comme l’appelle désormais les chinois, est issue d’une famille originaire du Wassoulou. Une région boisée située au sud-est de Bamako, où la tradition s'inspire directement des chants de chasseurs.

A travers ses chansons, le timbre ample et vibrant de sa voix, Oumou Sangaré dit ses convictions. Attachée à l’identité culturelle du pays, elle croit aux valeurs traditionnelles tout en pointant celles qui brident les femmes.
Oumou Sangaré naît à Bamako le 2 février 1968. Dès l'âge de cinq ans, elle commence à aguerrir sa voix à l'école maternelle, avec des mélodies de la tradition du Wassoulou, la région des siens. Une région où les règles de castes, ailleurs en vigueur, n'ont pas cours, où donc l’on peut chanter sans appartenir à un lignage de djeli (griots), personnages clés de la société traditionnelle. Oumou Sangaré n’est pas griotte. Quand elle décide de chanter, cela ne déclenche aucun drame dans la famille.Sa grand-mère était déjà une interprète adulée. Quant à sa mère, Aminata Diakité, qui lui enseigne le ton juste et l’art du chant, elle la traîne pendant des années de mariages en baptêmes. Très tôt, elle se met à chanter dans la rue tout en vendant de l’eau, gagnant ici ou là quelques pièces. Un maigre butin qui lui permet d’aider sa mère, délaissée par son époux, dont la souffrance a favorisé plus tard son engagement contre la polygamie et pour la cause des femmes. Dans les mariages, les baptêmes, où elle commence à chanter, on apprécie de plus en plus sa voix. Dès lors, elle sait que son chemin n’est pas celui de l’école. Elle intègre l’Ensemble national du Mali puis, repérée par le vétéran du Super Djata Band, Bamba Dambélé, l'ensemble de percussions Djoliba, avec lequel elle sort pour la première fois du Mali en 1986. De retour au pays, elle recommence à chanter, ici pour des jeunes mariés, là pour célébrer un baptême, tout en se perfectionnant au répertoire traditionnel du Wassoulou avec Amadou Ba Guindo. Puis vient le virage décisif. Un producteur l'embarque avec musiciens et espoirs à Abidjan. "C’était très dur pour moi de quitter la rue. Le gars qui m’a convaincue de faire un album a mis deux ans pour me persuader. Il m’a même acheté une voiture!", confie la chanteuse. En une semaine, elle enregistre au studio JBZ Moussolou (Les Femmes) pour le label Syllart. À sa sortie en 1989, un an après l’enregistrement pour cause de bande égarée, la cassette provoque un véritable raz-de-marée. Oumou Sangaré devient pratiquement du jour au lendemain une grande star. Aujourd'hui, elle a définitivement laissé tomber mariages et baptêmes. Elle ne se produit plus que dans de vraies salles de concerts et enchaîne les enregistrements : Moussolou en 1989; Ko Sira en 1993; Worotan en 1996, avec la participation de Pee Wee Ellis, ancien saxophoniste de James Brown, et Nitin Sawhney. Son quatrième album, "Laban", paru en 2001 uniquement en cassette en Afrique, se vend à plus de 120.000 copies au Mali. En 2003, paraît Oumou, un double-album regroupant tous ses succès, plus huit inédits dont des titres de "Laban". Sa carrière internationale, enclenchée en 1992-1993 après sa signature sur le label anglais World Circuit, n’a cessé de prendre de l’ampleur. Désormais, Oumou Sangaré porte le son du Wassoulou jusqu'aux oreilles du Japon, du Canada et des États-Unis, au Maroc.

JOCELYNE LABYLLE: UN DESTIN TRACE

Jocelyne Labylle avait déjà inscrit quelques exploits à son palmarès, notamment en 1997 avec son tube Quand tu veux. Des textes simples, des histoires de tous les jours, une voix agréablement mise en évidence par des mélodies zouk ambitieuses et sans fioriture.

Jocelyne Labylle est née le 7 janvier 1973 à Saint-Claude en Guadeloupe. Très tôt, elle est attirée par le monde du spectacle. Le strass et les paillettes la font rêver, largement nourrie par les succès de sa mère, danseuse au sein du groupe Karabina, le plus célèbre ensemble folklorique de danse guadeloupéenne. Jocelyne assiste aux répétitions et aux spectacles de cette formation et s’impatiente de retrouver sa mère sous les projecteurs. En 1992, Jocelyne Labylle intègre le groupe Mélodie aux côtés de Tony Deloumeaux, futur co-leader du groupe Fuzion. Cette première aventure dure deux ans à peine. Mais déjà son nom commence à circuler dans le microcosme musical guadeloupéen. En Août 1997, le simple Quand tu veux est sur toutes les radios et le tube se vend à plusieurs milliers d’exemplaires. Mais la chanteuse ne se laisse pas griser par ce fulgurant succès. L’année 1999 constitue l’un des temps forts de la carrière de celle qu’on appelle déjà l’Icône du Zouk. Frédéric Caracas, devenu véritablement son mentor accepte de l’accompagner dans la production de son troisième album On verra. On note les contributions de Jean-claude Naimro, Jacob Desvarieux de Kassav et Harry Diboula à la réalisation. On verra la chanson qui donne le nom à l’album est un énorme succès. La même année, Jocelyne découvre l’Afrique en se rendant en Côte-d’Ivoire. Ce sera la première étape d’une longue série de rendez-vous avec ses fans d’Afrique sur lesquels elle exerce le même pouvoir de séduction sur le public antillais…Lorsqu’elle chante en Afrique, elle se sent africaine et la communion est parfaite, affirme t-elle. Au printemps 2000, elle s’entoure d’un nouveau staff dirigé par Eric Siar comme manager et producteur exécutif et obtient des conditions plus avantageuses dans sa maison de disques Sonodisc, désormais contrôlée par Next Music. En juillet 2000, le simple J’ai déposé les clés qui annonce son prochain album est un tube. Cette chanson est un tableau réaliste d’une rupture amoureuse au profit d’une nouvelle idylle.
Dans cet album, les chansons semblent traduire une profonde maturité de la jeune Labylle. On retiendra surtout le titre Jusqu’au bout où elle invite le célèbre groupe ivoirien Magic System (rencontré à Abidjan en 1999) et Claudy Siar, chanteur et animateur de Radio France Internationale.

PIERRETTE ADAMS: UN COEUR D’OR

On pourrait dire d’elle qu’elle est un melting-pot de nationalités. En Pierrette Adams se retrouve l’afrique. Cette combattante et protectrice des enfants en difficulté, est une chanteuse qui a su conquérir les cœurs. Elle s’est forgée une carrière de chanteuse avec le soutien de son époux, de Boncana Maïga et compte bien y réussir. Découverte d’une artiste au cœur grand.

Pierrette Adams est probablement l’une des artistes du continent africain qui force de travail est devenu incontournable. Née le 5 mai 1962 à Pointe Noire, au Congo-Brazzaville, elle connaît une enfance difficile. Mais ne lui demandez pas de vous parler de cette triste partie sa vie, elle n’en dira pas un seul mot. Sa carrière démarre quand elle décide de vivre en Cote d’Ivoire. Elle y passe 19 années de sa vie avec son époux, Florentin Duarte qui y est affecté pour des raisons de travail.
Un jour une nouvelle lui parvient. Un enfant a été victime de violence de la part d’un adulte.Ce qui l’inspire pour l’enregistrement de son tout premier essai musical qu’elle intitule Journal intime sorti en 1994. Et c’est le succès. Elle considère cette œuvre comme le souvenir le plus marquant de sa carrière : « Mon meilleur souvenir date de dix ans. Au tout début de ma carrière. Je n’avais fait qu’un seul album (Journal intime, 1994). J’étais à Abidjan.
On m’appelle pour me dire qu’à Brazzaville et à Pointe-Noire, ma chanson Journal intime fait un véritable carton et qu’il faut que je vienne absolument pour y faire un concert. Je n’avais jamais fait de live, je ne savais pas vraiment chanter, j’avais enregistré cet album juste pour venir en aide à quelqu’un. Le jour du concert, j’arrive au stade. Il était plein à craquer. Et il y avait près de 100 mètres de queue à l’extérieur. J’ai demandé incrédule s’il y a avait une première partie avant moi. Non, j’étais la seule artiste programmée ! Je n’avais que six chansons dans mon album. Donc pas de quoi tenir un véritable concert. Sur scène, j’ai fini mon répertoire en trente minutes. On s’est regardé avec les musiciens, le public en redemandait. Alors on a refait le répertoire trois fois... »
Elle utilise plusieurs genres musicaux populaires et dansants pour se positionner dans la sphère musicale africaine : le zouk, le ndombolo, le soukouss et le zouglou.
En 1996 avec Mal de mère, et en 1998 avec Je vous salue maris elle relance sa carrière. En 2000, elle sort Absolument qui connaît un succès. En 2003, Anesthésie et un best of pour la consécration de ses 10 ans de carrière musicale.
Cette dame au cœur d’or s’occupait des enfants sans foyer pendant son séjour ivoirien. Un engagement social qui lui valu d’être très appréciée en Côte d’Ivoire, où sa notoriété est toujours intacte. Seulement, en raison de la situation de crise, elle a dû arrêter ses activités pour poser ses valises à Dakar, au Sénégal. Aujourd’hui elle s’est installée à Paris.


 
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